Les 8 pionniers de 1985 qui donnent leur nom aux étapes
Pour la 40e édition, chaque étape du Tour porte le nom d'un patron de yole de 1985, l'année de la toute première course. Huit noms, huit journées. Une façon de rappeler que la course d'aujourd'hui repose sur ceux qui l'ont ouverte.
Un parcours qui renoue avec celui de 1985
Le tracé de cette édition anniversaire revient à celui du tout premier Tour. Le départ et l'arrivée sont donnés à Sainte-Anne, à la pointe sud de l'île. Entre les deux, huit étapes se succèdent, une par jour, du 26 juillet au 2 août 2026.
Ce retour aux sources donne tout son sens au baptême des journées. Les noms suivent l'ordre du parcours : on part par la côte atlantique, on contourne le nord de l'île, puis on redescend par la côte caraïbe jusqu'au point de départ.
La côte atlantique, des Salines à Saint-Pierre
L'étape inaugurale, de Sainte-Anne au Vauclin, porte le nom de Gabriel Mélidor. Elle s'élance à 10h00 le dimanche 26 juillet, sur 18,1 milles nautiques, pour une arrivée dans la Baie des Mulets. Le parcours passe par Caritan, les Salines, la pointe sud puis Macabou.
La deuxième journée, du Vauclin au Robert, revient à Frantz Ferjule, disparu en 2023. Deux victoires au Tour figurent à son palmarès, en 1991 et en 1998.
La troisième, du Robert à La Trinité, honore Eugène Mith. La quatrième, la plus longue, qui mène de La Trinité à Saint-Pierre en contournant le nord de l'île, est placée sous le nom de François Lagin.
Le retour par la côte caraïbe
De Saint-Pierre à Fort-de-France, la cinquième étape rend hommage à Charles Exilie. La sixième, de Fort-de-France aux Anses d'Arlet, porte le nom de Romain Lassource.
L'avant-dernière journée, des Anses d'Arlet à Rivière-Pilote, est celle de Raoul Pancrate. Et la dernière, qui referme la boucle à Sainte-Anne, revient à Désiré Lamon.

Ce que veut dire être patron de yole
Le patron n'est pas qu'un barreur. Il tient la tèt pagay, choisit la trajectoire et donne le rythme à une quinzaine d'équipiers. Autour de lui, les cordiers règlent la grand-voile et la misaine, les dresseurs partent au rappel sur les bois dressés, la doublure travaille à l'avant.
Une yole ronde n'a ni quille ni lest. Elle ne tient que par ses voiles et par le poids des équipiers sortis au-dessus de l'eau. Donner le nom d'un patron à une étape, c'est donc saluer le travail de tout un équipage.
Ces hommes de 1985 venaient du monde de la pêche. Ils menaient des bateaux de travail avant que la discipline ne se dote d'un calendrier et de règles communes.
Désiré Lamon, le tout premier vainqueur
Le nom de la dernière étape n'a rien d'anodin. Pêcheur et charpentier de marine du Marin, Désiré Lamon a remporté le premier Tour de l'histoire, en 1985, à bord de la yole Monoprix.
Son double métier dit beaucoup de cette époque. Les hommes qui couraient construisaient aussi les coques et vivaient de la mer le reste de l'année.
Quarante ans plus tard, la boucle se referme là où elle s'était ouverte, à Sainte-Anne, sur une étape qui porte son nom.
Huit noms au fil du classement
Ces baptêmes ne sont pas seulement décoratifs. Chaque étape est chronométrée et rapporte des points, cumulés d'une journée à l'autre. Le leader du classement général porte le maillot rouge.
Pendant une semaine, suivre le Tour revient donc à égrener ces huit noms. On parle de l'étape Mith ou de l'étape Lagin comme on parlerait d'une date du calendrier.
Une mémoire qui reste vivante
Ces huit patrons appartiennent à une génération qui menait des yoles de pêche avant que la discipline ne se structure. Leur nom sur une étape, c'est le lien direct entre le geste d'hier et la course d'aujourd'hui.
La yole ronde est aujourd'hui un patrimoine vivant de la Martinique. Ce patrimoine tient d'abord à des personnes : des charpentiers, des équipages, des familles qui se transmettent une façon de naviguer.
Retrouvez le détail de chaque journée, parcours et communes traversées, sur nos pages dédiées aux huit étapes de l'édition 2026.
