Georges Brival, l'homme qui a inventé le Tour

Sans lui, il n'y aurait sans doute pas de Tour des Yoles. Georges Brival a lancé la première édition le 11 août 1985. Il s'est éteint le 2 janvier 2024, à 92 ans.

Avant le Tour, un bateau de travail

La yole ronde n'a pas été conçue pour la compétition. C'est un bateau en bois issu de la pêche côtière, sans quille ni lest, tenu par ses deux voiles et par le poids de l'équipage sorti sur des bois dressés.

Des courses existaient déjà entre pêcheurs, mais elles restaient locales et sans lendemain. L'intuition de Georges Brival tient en une phrase : ce que les marins faisaient par nécessité pouvait devenir un sport, avec un calendrier, des règles et un public.

Un fils de marin-pêcheur devenu organisateur

Homme de communication de métier, il grandit dans une famille de la mer. C'est ce double regard, celui du professionnel et celui du fils de pêcheur, qui le conduit à imaginer une compétition pour ces embarcations jusqu'alors vouées au travail.

Dès les années 1960, il met sur pied plusieurs courses de yoles. En 1972, il structure ce mouvement en créant la Société des Yoles Rondes de Martinique.

Il faudra encore plus d'une décennie pour passer de la régate isolée à une épreuve qui fait le tour de l'île. Ce temps long est celui de l'organisation : convaincre les communes, réunir des équipages, installer une habitude.

1985, le premier tour de l'île

L'idée de faire courir les yoles tout autour de la Martinique, sur plusieurs jours, aboutit à l'été 1985. La première édition prend le départ le 11 août.

Ce format, une étape par jour et une commune d'arrivée différente à chaque fois, est devenu la matrice de tout ce qui a suivi. Il n'a pratiquement pas changé en quarante ans.

Le gommier de pêche, ancêtre de la yole: c'est de ce monde de la mer qu'est né le Tour.
Le gommier de pêche, ancêtre de la yole: c'est de ce monde de la mer qu'est né le Tour.

Une formule qui a traversé quarante ans

Le principe reste celui de 1985. Chaque étape est chronométrée, des points sont attribués puis cumulés d'une journée à l'autre, et le leader du classement général porte le maillot rouge.

L'édition 2026 compte huit étapes, du 26 juillet au 2 août, avec départ et arrivée à Sainte-Anne et quinze yoles engagées. Le parcours renoue avec celui du premier Tour.

La course est également restée fidèle à son ancrage communal. Chaque étape relie deux villes du littoral, et le port d'arrivée devient pour une soirée le centre de l'île. Ce lien avec les territoires traversés est l'autre invention de 1985.

Un hommage inscrit dans le parcours 2026

La Fédération honore cette année ses deux présidents fondateurs : Georges Brival, à l'origine de la course, et Alain Dédé, qui lui a donné son rayonnement.

Le choix de Sainte-Anne comme ville de départ et d'arrivée de la 40e édition n'est pas un hasard : il renvoie directement à la toute première course lancée par Brival.

Chaque étape porte par ailleurs le nom d'un patron de yole engagé en 1985. La dernière revient à Désiré Lamon, pêcheur et charpentier de marine du Marin, premier vainqueur de l'histoire du Tour.

Ce qu'il laisse

Quarante éditions plus tard, le Tour est devenu l'événement populaire majeur de la Martinique, et la yole ronde un marqueur d'identité reconnu bien au-delà de l'île.

Une idée née dans les années 1960 sur quelques plages de pêcheurs rassemble aujourd'hui un public considérable à chaque étape, tout au long de l'été.

L'héritage n'est pas seulement sportif. Il tient aussi à une chaîne de savoir-faire : construire une coque, régler deux voiles, tenir le rappel à quinze. C'est cette chaîne que la course entretient chaque année.

Toutes les actualités

Ne manquez rien de l'actualité des yolesRecevez les nouvelles, les parcours et les temps forts du Tour.